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Quelle cuve pour récupérer l'eau de pluie

Le volume d'un récupérateur d'eau de pluie se choisit d'après la surface du toit, la pluie de votre région et l'arrosage prévu. L'outil applique les normales Météo-France de quatorze villes, le coefficient de votre couverture et le besoin réel de votre potager en plein été.

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Ne comptez que la partie du toit dont les gouttières aboutissent à la cuve. La surface « vue du dessus » est celle que le toit couvre au sol, pas celle de ses pentes.

La formule et ses sources

Le volume récupérable en un an se calcule ainsi : surface de toit projetée × pluie annuelle × coefficient de ruissellement × rendement du filtre. Avec 80 m² de tuiles à Paris, cela donne 80 × 634 mm × 0,9 × 0,9, soit environ 41 000 litres par an.

La pluie est la normale 1991-2020 publiée par Météo-France dans les fiches climatologiques de chaque station ; la répartition mois par mois vient des mêmes fiches. Si vous saisissez votre propre total annuel, l'outil conserve la répartition de la station choisie et la met à l'échelle.

Le coefficient de ruissellement mesure la part de la pluie qui atteint la gouttière : 0,95 pour un toit métallique, 0,90 pour des tuiles, 0,80 pour un toit plat sans gravier, 0,60 avec gravier, 0,50 et 0,30 pour des toitures végétalisées légère et épaisse. Ce sont les valeurs de référence de la norme britannique BS 8515 et du guide CIRIA C753 sur la gestion des eaux pluviales. Le filtre et l'évacuation des premières eaux, chargées de poussières, en écartent encore une part : l'outil retient 90 %, un ordre de grandeur courant.

Le volume conseillé répond à une question d'usage : combien de jours d'arrosage du potager la cuve doit-elle assurer en juillet, mois de plus forte demande. Le besoin du potager est calculé comme dans notre outil besoin en eau d'arrosage : évapotranspiration Météo-France, coefficients culturaux de la FAO, pluie utile. La norme NF EN 16941-1 sur les systèmes d'utilisation de l'eau de pluie propose aussi une méthode simplifiée, rappelée sous le résultat : une cuve égale à 5 % du plus petit des deux volumes annuels, la pluie récupérable ou le besoin. Elle convient à un usage régulier toute l'année, moins à un arrosage concentré sur l'été.

Pluie normale des grandes villes

Classement de la plus sèche à la plus arrosée. Dernière colonne : eau récupérable en un an sur 100 m² de tuiles (coefficient 0,9, filtre 90 %).

StationPluie annuelleMois le plus secPour 100 m² de tuiles
Marseille (Marignane)532 mmjuillet (11 mm)43 100 L
Clermont-Ferrand563 mmfévrier (19 mm)45 600 L
Toulouse (Blagnac)627 mmfévrier (37 mm)50 800 L
Paris (Montsouris)634 mmfévrier (42 mm)51 400 L
Strasbourg (Entzheim)636 mmfévrier (34 mm)51 500 L
Montpellier (aéroport)639 mmjuillet (17 mm)51 800 L
Rennes (Saint-Jacques)691 mmaoût (44 mm)56 000 L
Lille (Lesquin)740 mmavril (45 mm)59 900 L
Dijon (Longvic)743 mmfévrier (43 mm)60 200 L
Nice791 mmjuillet (14 mm)64 100 L
Nantes (Bouguenais)820 mmjuillet (44 mm)66 400 L
Lyon (Bron)821 mmfévrier (42 mm)66 500 L
Bordeaux (Mérignac)925 mmjuillet (49 mm)74 900 L
Brest (Guipavas)1 230 mmjuin (65 mm)99 600 L

Source : fiches climatologiques Météo-France, normales 1991-2020. Dans le Midi méditerranéen, le mois le plus sec est aussi celui où le jardin a le plus soif : la cuve doit se remplir au printemps pour servir en été.

Ce que dit la réglementation

Vérifié en octobre 2026. Depuis le 1er septembre 2024, l'usage de l'eau de pluie est encadré par le décret n° 2024-796 du 12 juillet 2024 et l'arrêté du 12 juillet 2024 relatifs aux eaux impropres à la consommation humaine. Ils remplacent l'arrêté du 21 août 2008, abrogé à cette date, que beaucoup de guides citent encore.

Usages extérieurs
L'arrosage du potager et des espaces verts, le nettoyage des surfaces extérieures et le lavage des véhicules à domicile font partie des usages permis. Pour une maison individuelle, ils ne demandent pas de démarche au titre du code de la santé publique, selon l'aide-mémoire diffusé par la Capeb et les guides des agences régionales de santé.
Conditions
L'eau provient d'une toiture inaccessible en dehors de l'entretien ; les toitures en amiante ou en plomb sont exclues. Le réservoir ne doit pas être translucide. Le réseau d'eau de pluie ne doit jamais être raccordé au réseau d'eau potable.
Usages intérieurs
Chasse d'eau, lavage des sols, lavage du linge : possibles sous conditions techniques précises. Renseignez-vous auprès de votre mairie et de l'agence régionale de santé sur les démarches avant d'installer un double réseau.
Interdits
L'eau de pluie n'est pas potable : ni boisson, ni préparation des aliments, ni hygiène corporelle.

Les erreurs fréquentes

Compter tout le toit
Une cuve branchée sur une seule descente ne reçoit que la pente qui s'y déverse, souvent la moitié ou le quart du toit. Raccorder une deuxième descente double parfois la récolte sans changer de cuve.
Mesurer les pentes
La pluie tombe verticalement : seule compte la surface couverte au sol. Un toit à deux pentes de 40° a des versants environ 30 % plus grands que son emprise au sol.
Oublier la pompe et le trop-plein
Une cuve enterrée demande une pompe ; une cuve hors sol surélevée de 50 cm donne un filet d'eau, pas une pression. Le trop-plein doit partir vers un regard ou un puits d'infiltration, loin des fondations.
Laisser la cuve ouverte
Une eau stagnante et accessible attire les moustiques. Couvercle fermé, grille fine sur les entrées et les sorties : le guide d'une agence régionale de santé préconise des mailles d'un millimètre au plus.

Les modèles hors sol, enterrés ou muraux sont comparés dans le guide pour choisir un récupérateur d'eau de pluie. Pour distribuer l'eau sans gaspillage, un kit goutte-à-goutte fonctionne avec la faible pression d'une cuve surélevée, à condition de choisir des goutteurs adaptés.

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Questions fréquentes

Combien de litres d'eau de pluie récupère-t-on avec 100 m² de toit ?

Avec des tuiles, multipliez la surface par la pluie annuelle, par 0,9 pour le ruissellement et par 0,9 pour le filtre. À Paris, où il tombe en moyenne 634 mm par an, 100 m² de toit fournissent environ 51 400 litres par an. À Brest, plus de 99 000 litres ; à Marseille, environ 43 000.

Quelle taille de cuve pour arroser un potager ?

Visez la consommation du potager pendant deux à trois semaines de plein été. À Paris, un potager de 30 m² boit en juillet environ 1 830 litres en deux semaines, ce qui conduit à une cuve d'environ 2 000 litres. Dans le Midi, la même surface demande davantage.

A-t-on le droit d'arroser son potager avec l'eau de pluie ?

Oui. L'arrosage des jardins potagers fait partie des usages permis par le décret n° 2024-796 et l'arrêté du 12 juillet 2024. L'eau doit venir d'une toiture inaccessible, hors toitures en amiante ou en plomb, et le circuit ne doit jamais être relié au réseau d'eau potable.

Faut-il déclarer un récupérateur d'eau de pluie ?

Pour un usage extérieur comme l'arrosage du jardin dans une maison individuelle, aucune démarche n'est requise au titre du code de la santé publique. Pour des usages à l'intérieur, comme les toilettes ou le lavage du linge, renseignez-vous auprès de la mairie et de l'agence régionale de santé.

L'arrêté du 21 août 2008 sur l'eau de pluie est-il toujours en vigueur ?

Non. Il a été abrogé le 1er septembre 2024. Les règles d'usage de l'eau de pluie figurent désormais dans le décret n° 2024-796 du 12 juillet 2024 et dans l'arrêté du même jour, qui encadrent l'ensemble des eaux impropres à la consommation humaine.

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